samedi

Les Guides, qui sont-ils ?

Kryeon explique: 

"Tant de choses ont été racontées sur les guides !
Certains affirment qu'il n'y en a plus;
d'autres déclarent au contraire qu'il n'y en a jamais eu autant !
Qu'est-ce qui est nouveau et qu'est-ce qui ne l'est pas ?

Commençons encore par poser quelques questions quadridimensionnelles qui vous aideront à comprendre la multidimensionnalité: si vous levez les deux mains et demandez à quelqu'un: "Combien ai-je de mains ?", il vous répondra que vous en avez deux. Si vous cachez une main derrière votre dos et reposez la question, la personne à qui vous vous adressez ne verra qu'une main, mais saura évidemment que vous en avez toujours deux. Elle ne saura toutefois pas avec certitude si elle doit répondre "une" ou "deux" et vous priera peut-être de préciser. " Me demandez-vous combien de mains vous avez, ou combien sont visibles ?" Elle ne pourra vous répondre clairement sans cette précision. Ceci est un excellent exemple d'une simple règle de la quadridimensionnalité: il y a dans la réalité une cohérence qui transcende la perception.

Dans une conscience plus ancienne, tout ce que nous pouvions vous dire, c'était que vous aviez des guides à vos côtés. Le message était extrêmement simple, mais il ne pouvait en être autrement avant la stabilisation de la grille. Quand nous vous disions que vos guides étaient au nombre de eux ou trois, ou même qu'il n'y en avait aucun (une situation temporaire pendant un changement d'énergie), nous vous fournissions la meilleure description possible de ce que vous pouviez vérifier par vos propres perceptions. En fait, vous sentiez l'énergie particulière des guides, qui est d'ailleurs là, mais change en même temps que vous.

Nous pouvons maintenant vous apprendre que les guides sont en nombre infini et qu'ils font autant partie de vous que votre main ou votre Soi supérieur. Ils sont toujours là. " D'accord, mais qui sont-ils, même si on ne peut les compter ?" C'est la question à laquelle il est le plus difficile de répondre, car le concept même n'est pas terrestre et dépasse ce que vous désirez considérer ou entendre.

Dans un exemple précédent, nous vous avons mentionné que vous ne pouviez compter la soupe dans votre bol. Vous ne pouvez demander "combien il y a de soupes" dans votre cuillère. La véritable identité de votre soupe se trouve dans sa saveur plutôt que dans un nombre. Il en va de même des guides. Ils sont un nombre infini d'énergies interchangeables qui semblent se grouper et faire partie de vous à jamais. Vous pouvez les sentir, mais non les compter. Ils sont une énergie, non des entités.

Les guides réels sont tout comme vous: ils existent des deux côtés du voile. Vous êtes un groupe et eux aussi. Ils font partie de votre être spirituel, mais leur énergie change aussi souvent que vous changez de taux vibratoire. Voyez-les comme un groupe d'énergie aidante qui est autant vous que l'est votre Soi supérieur. Le véritable vous est angélique. Il est interdimensionnel et infini. Il est un fragment de Dieu.

Lorsque vous venez sur terre, une partie de vous seulement intègre la quadridimensionnalité. Le reste demeure dans un état interdimensionnel, et c'est une partie de cette énergie que vous appelez "guides" et "Soi supérieur". La réponse à la question "qui sont-ils ?" ne peut donc être que celle-ci: "la famille." Forcément, cela signifie aussi que votre partie divine est plus grande que vous ne le pensez.

Il vous faut comprendre que la dualité fait le maximum pour vous isoler afin que vous puissiez effectuer vos choix librement, sans être influencé chacun par le groupe auquel vous appartenez. Tout cela fait partie de l'épreuve particulière de la Terre et du grand plan de l'existence humaine.

Peut-être êtes-vous maintenant prêts à comprendre que faire "partie de Dieu" signifie que votre potentiel énergétique est réellement immense, tout comme l'ont déclaré les maîtres. La vérité, c'est que tous ceux que vous avez aimés et perdus au cours de votre vie font partie de ce groupe guide, ainsi que ceux que vous avez connus dans vos "vies antérieures". En vérité, vous faites aussi partie d'autres personnes et il en sera ainsi même après avoir quitté le plan terrestre. Ce phénomène est trop complexe pour être expliqué simplement, mais il comporte une potentialité merveilleuse et ahurissante pour votre amélioration et ne constitue aucunement une entrave. Sa fonction est de compléter votre vibration, d'aider les autres humains ainsi que la planète, et de vous soutenir au moment où vous en avez le plus besoin. La réponse à la question sur l'existence des guides renvoie donc à une question plus précise: " Parlez-vous de la réalité ou de ce qui est perçu ?"

Cette énergie que vous appelez les guides se redéfinit à mesure que vous effectuez l'ascension. La nouvelle énergie de la Terre "ouvre la lumière" et fait apparaître leur vrai nature: une partie de Dieu, une partie de vous.

Si tout n'est pas encore clair, ne vous en faites pas et sachez que vous n'êtes jamais seuls. Il suffit parfois de savoir ce qu'est une chose, sans nécessairement en comprendre tout le fonctionnement. Cela vous dérange-t-il d'appuyer sur l'accélérateur sans savoir comment l'énergie du moteur fait tourner les routes ? Bien sûr que non. Vous conduisez votre voiture pour aller quelque part et c'est tout ce qui importe.

La prochaine fois que vous verrez une horloge ou votre montre marquant 11:11, dites simplement "Merci" Tout va bien. Votre guide interdimensionnel, qui est une partie de vous, vient de vous taper sur l'épaule pour vous rappeler sa présence et son amour.

Nous vous encourageons à cesser de tout nommer et tout numéroter, car cette pratique vous maintiendra à jamais dans la quadridimensionnalité.

extrait de " Un nouveau don de Lumière" Kryeon tome VIII

Comment as-tu aimé ? Qu’as-tu fait pour les autres ?

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Les Deux Questions de l’Âme

Au terme de notre passage sur cette Terre, lorsque notre souffle rejoint l’Infini, il ne reste que l’Essentiel. Toutes les illusions du monde matériel s’effacent, et seules deux questions résonnent dans l’éternité :

🔹 Comment as-tu aimé ?
🔹 Qu’as-tu fait pour les autres ?

Ces interrogations ne viennent pas d’un juge extérieur, mais de notre propre âme, face à la Vérité nue. Elles ne demandent ni justification ni excuses, mais la reconnaissance de ce que nous avons semé et de ce que nous avons donné.

Elles nous rappellent que l’existence n’est pas mesurée en années, en possessions ou en succès, mais en amour partagé et en bien offert.

C’est à travers ces réponses que l’âme trace son chemin vers la Lumière.

Alors, lorsque le moment viendra, serons-nous en paix avec nos réponses ? 🌿✨

Comment as-tu aimé ?

Lorsqu’un être quitte ce monde et franchit le seuil de l’Au-delà, la 1ère question lui est posée : « Comment as-tu aimé ? »

Non pas :

  • Combien as-tu gagné ?
  • Quelles œuvres as-tu accomplies ?
  • Quelle renommée as-tu acquise ?

Mais comment as-tu aimé ?

L’amour : essence de l’Être

L’amour véritable n’est pas une émotion passagère, ni un attachement possessif. Il est la substance même de la Vie, l’énergie divine qui tisse les mondes.

Aimer, c’est être canal de cette force créatrice. Les Maîtres de Sagesse nous enseignent que l’amour est la Loi suprême. Il ne s’agit pas de faiblesse ni de complaisance, mais d’une puissance ardente qui élève, guérit et transforme.

As-tu aimé librement ?

L’amour ne retient pas, il libère. As-tu aimé en laissant l’autre être ce qu’il est, sans vouloir le changer ?

Les Hiérarchies célestes nous enseignent que chacun suit son propre chemin. Si l’amour devient une exigence, une attente, une douleur… alors il s’est teinté de l’ego. L’amour divin, lui, est un don sans condition.

As-tu aimé en vérité ?

Aimer, c’est être sincère, ne pas trahir son âme. As-tu osé dire « oui » quand ton cœur vibrait d’accord, et « non » lorsque ta conscience le commandait ?

L’amour n’est pas soumission. Le Bien-aimé Maître Morya enseigne que l’épée de la vérité est parfois nécessaire pour purifier l’amour de ses illusions.

As-tu aimé dans le silence ?

Les plus grands actes d’amour sont souvent invisibles :

  • Une prière offerte pour un inconnu,
  • Un pardon donné sans que l’autre le sache,
  • Une main tendue sans attendre de retour.

Dans le silence de ton cœur, as-tu aimé ceux qui ne t’ont jamais remercié ? Ceux qui t’ont blessé ? Ceux que tu n’as jamais rencontrés ?

As-tu aimé l’Humanité ?

Lorsque tu as décrété, lorsque tu as appelé la Lumière sur ce monde, lorsque tu as invoqué la puissance de la guérison, as-tu ressenti que ton amour embrassait toute l’Humanité ?

Aimer, c’est vouloir le Bien suprême pour tous, même si les apparences sont sombres. C’est savoir que l’ombre est une illusion et que seul l’Amour est réel.

À la fin, seul l’Amour demeure

Quand viendra l’instant de rendre ton dernier souffle, tout ce que tu as possédé, accompli ou souffert s’effacera comme un rêve du matin.

Ne restera qu’une chose : l’amour que tu as donné.

Alors, lorsque cette ultime question résonnera :
« Comment as-tu aimé ? »

Puisses-tu répondre avec la certitude d’avoir aussi bien aimé que tu as su le faire, et que ton cœur, tel un vitrail illuminé par le Soleil divin, a laissé passer la Lumière.

Qu’as-tu fait pour les autres ?

Après la question « Comment as-tu aimé ? », une autre résonne à l’instant du grand passage :

« Qu’as-tu fait pour les autres ? »

Non pas :

  • Qu’as-tu accompli pour toi-même ?
  • Quels honneurs as-tu reçus ?
  • Combien as-tu accumulé ?

Mais qu’as-tu offert de toi-même ?

L’héritage invisible

Les œuvres matérielles s’effacent avec le temps, mais ce qui a été donné avec le cœur demeure inscrit dans la trame de la Vie.

Ce n’est pas la grandeur des actes qui compte, mais la lumière qui y est mise. Un sourire, une écoute, une prière murmurée dans le secret peuvent transformer un destin.

As-tu été une bénédiction sur le chemin d’autrui ?

As-tu partagé ce que tu as reçu ?

Les Maîtres enseignent que tout don reçu porte une responsabilité. Si tu as reçu la Lumière, l’as-tu partagée ?

Si la connaissance t’a été révélée, l’as-tu transmise ?

Si tu as été guéri, as-tu tendu la main à d’autres ?

L’amour véritable ne garde rien pour lui, il circule comme l’eau vive.

As-tu allégé les fardeaux ?

Certains croisent notre route écrasés par le poids de l’existence. Un mot d’encouragement, un geste de soutien, une pensée de force peuvent tout changer.

Le Bien-Aimé Maître Morya enseigne : « Porte le flambeau pour celui qui trébuche, et il verra la route devant lui. »

As-tu été ce flambeau ?

As-tu œuvré pour le monde ?

L’humanité souffre de guerres, d’injustices, de chaos. Mais chaque Décret, chaque appel à la Lumière, chaque prière pour la guérison universelle crée un impact invisible et puissant.

As-tu offert tes instants de silence à décréter pour l’humanité ?

As-tu été un pont entre le Ciel et la Terre ?

As-tu laissé la Hiérarchie œuvrer à travers toi ?

À la fin, seul l’amour donné demeure

Lorsque le dernier souffle viendra, ce ne seront ni les possessions ni les regrets qui auront de l’importance, mais les traces de lumière laissées dans le cœur des autres.

Alors, à cette ultime question :
« Qu’as-tu fait pour les autres ? »

Puisses-tu répondre avec la certitude d’avoir été un rayon de Lumière dans ce monde, un instrument du Divin, un cœur battant pour l’Humanité !

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vendredi

Rester Centré : L'Art de la Stabilité

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un méditant centré en lui-même,  rayonnant de stabilité et de paix intérieure malgré les turbulences extérieures

Premier principe : ne jamais se laisser abattre par des personnes ou par des événements ( Marie Curie)

Exactement ! Ne jamais se laisser abattre, c'est garder la souveraineté de son esprit et de son cœur, peu importe les circonstances. C'est aussi refuser de donner du pouvoir aux énergies négatives ou aux influences extérieures.

"Rester debout dans la Lumière, quelles que soient les tempêtes !"

Rester Centré : L'Art de la Stabilité Intérieure Face aux Tempêtes de la Vie

Dans un monde où les événements extérieurs et les interactions humaines peuvent nous secouer, rester centré est un art essentiel. Ce n'est pas un simple état d'esprit, mais une posture intérieure qui permet de traverser les tempêtes sans être emporté. 

Comment cultiver cet équilibre ? 

Quels sont les principes à suivre pour maintenir sa stabilité intérieure ?

1. Comprendre l'Essence du Centre

Rester centré, ce n'est pas ignorer les défis ou refuser l'émotion, mais ne pas s'identifier à la tourmente. Imaginez-vous comme le calme au cœur de l’ouragan : l’extérieur peut être mouvementé, mais votre espace sacré intérieur demeure inébranlable.

Dans la tradition spirituelle I AM, le centre véritable est la Présence JE SUIS. Elle est l’ancrage absolu, le roc immuable au-delà des apparences. L’invocation régulière de cette Présence est un pilier de stabilité :

"JE SUIS la Lumière invincible au cœur de l’orage."

2. Les Défis de la Vie : Écoles de Maîtrise

Chaque difficulté est une opportunité d'affermir notre centre. Face à une critique, une injustice ou une situation déstabilisante, nous avons deux choix :

  1. Réagir instinctivement, en nous laissant emporter par l’émotion.
  2. Observer et choisir notre réponse, en restant maître de notre énergie.

Ce second choix est celui de la conscience éveillée. Maître Morya enseigne la discipline de l’esprit, la capacité à ne pas être ballotté par les circonstances. C'est une rigueur intérieure qui s'acquiert avec la pratique.

3. Techniques pour Rester Centré

a) L’Ancrage Énergétique

Avant toute action ou réaction, respirez profondément et sentez votre lien avec la Terre et le Ciel. Visualisez une colonne de lumière dorée, partant du centre de votre poitrine et s’élevant dans l’infini. Cette simple pratique vous recentre instantanément.

b) La Maîtrise des Pensées

Les pensées sont comme des courants d'air : certaines renforcent, d’autres dispersent. Choisissez ce que vous laissez entrer dans votre temple intérieur. Lorsque des pensées négatives surgissent, utilisez un décret puissant :

"JE SUIS la Présence gouvernant ma conscience et mon monde !"

c) La Neutralité Bienveillante

Observez sans vous laisser happer. Lorsqu’une personne tente de vous provoquer, imaginez une lumière dorée entre vous et elle. Ne répondez pas immédiatement. Laissez le silence intérieur absorber l’énergie.

d) La Gratitude et la Transmutation

Tout événement peut être transformé en lumière par la gratitude. Plutôt que de vous sentir attaqué(e), demandez-vous : "Quelle force intérieure puis-je développer grâce à cette situation ?"

4. Rester Centré dans les Décrets et l’Invocation

Les Décrets sont des outils formidables pour ne pas se laisser emporter par le chaos du monde. Répétez avec force :

"JE SUIS la Flamme de Paix et de Puissance, rien ne peut me troubler."

Son usage quotidien dans son intensité vibratoire, renforce aussi cette stabilité intérieure. Laisser cette Présence habiter chaque mot, chaque souffle, c’est s’assurer un ancrage inébranlable.

L’Inébranlable Force du Centre

Rester centré est une discipline, un art, une sagesse vécue. C’est reconnaître que vous n’êtes pas vos émotions, ni les circonstances, mais une Présence inaltérable. Dans cette posture, aucun événement ne peut véritablement vous abattre.

Ainsi, chaque matin, avant même d’affronter le monde, alignez-vous. Invoquez votre Présence I AM, ressentez votre connexion avec l’Infini, et marchez avec la certitude que vous êtes le calme au cœur de la tempête.

Et vous, quelles sont vos pratiques pour rester centré(e) au quotidien ?

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jeudi

tout recevoir tout fait - de l'enfance à l'adulte

Pourquoi l'homme veut-il tout recevoir, tout fait ?


"- Enfance gâtée.
Jouets tout faits, savoir tout fait,
nourriture toute faite, expérience toute faite,
c'est cela que l'enfant reçoit, et il en a la nausée.
Sa soif de connaissance, son désir de créer,
tout ce qui le rend homme, dépérit.
Son désir d'expérimenter: trop de conseils le tuent.
Tout cela est lâcheté et manque de foi.
Lorsque l'enfant devient adulte,
tout est mort en lui.

"- Retiens cela, ma bien-aimée:
ne complète jamais, ne conseille jamais,
ne mâche pas à l'avance la nourriture !
Toi, donne autrement
et tout se renouvellera entre tes mains !
Mets devant les épreuves, devant les tâches !
Séduis, attire dans ton sillage !
Ne conduis pas, ne tiens pas la main !
Tu peux même bousculer un peu celui qui est incertain
et la certitude se renforcera en lui.

" - Voilà ce que tu cherches, et tu vas le trouver.

Silence

" - A la place de la grisaille ensommeillée
viendra un rayonnement merveilleux de couleurs
Mais maintenant, la multitude d'images en couleurs,
de films en couleurs
rendent grise la vue de l'homme.
Car au lieu de donner la couleur, il la reçoit.

Comment éveiller l'intérêt en l'homme ?

"- Si je m'approchais de toi, je t'arrêterais. -
Mais je recule. Tu ne t'en aperçois même pas
et tu apprends ainsi à marcher sur l'air.
Pas sur l'eau, sur le rien.
Je te réponds toujours à moitié,
j'omets l'autre moitié. Le sens-tu ?

d'un ton amer :
Mais voici l'homme:
"Que nous sommes bons envers nos enfants,
envers tout le monde !"
- Et tout meurt et dépérit -
car l'homme dit: " Nous sommes bons !"
Toi,
donne la faim ! Et non la satiété !
Tout est tellement connu: " Nous savons tout !"
Toi, ouvre l'inconnu !


Les Dialogues avec l'ange
, document recueilli par Gitta Mallasz
extrait de l'entretien 31 du vendredi 21 janvier 1944

mercredi

LUMIÈRE - Qu'est-ce que LES LUMIÈRES ?

"Du Point de Lumière dans la Pensée de Dieu, 
"Que la Lumière afflue dans la pensée des hommes, 
"Que la Lumière descende sur la terre.
(extrait de la Prière: La Grande Invocation)



suit ici un texte du philosophe Kant, du 30 septembre 1784

d'autant plus d'actualité spirituelle....que je dédicace à tous les Travailleurs de Lumière

Les Lumières, c'est la sortie de l'homme hors de l'état de tutelle dont il est lui-même responsable.

L'état de tutelle est l'incapacité de se servir de son entendement sans la conduite d'un autre. On est soi-même responsable de cet état de tutelle quand la cause tient non pas à une insuffisance de l'entendement mais à une insuffisance de la résolution et du courage de s'en servir sans la conduite d'un autre.

Sapere aude ! Aie le courage de te servir de ton propre entendement ! Voilà la devise des Lumières.

Paresse et lâcheté sont les causes qui font qu'un si grand nombre d'hommes après que la nature les eut affranchis depuis longtemps d'une conduite étrangère (naturaliter maiorennes), restent cependant toute leur vie dans un état de tutelle; et qui font qu'il est si facile à d'autres de se poser comme leurs tuteurs.

Il est si commode d'être sous tutelle !

Si j'ai un livre qui a de l'entendement à ma place,
un directeur de conscience qui a de la conscience à ma place,
un médecin qui juge à ma place de mon régime alimentaire, etc..,
je n'ai alors pas moi-même à fournir d'efforts. Il ne m'est pas nécessaire de penser dès lors que je peux payer; d'autres assumeront bien à ma place cette fastidieuse besogne.

Et si la plus grande partie, et de loin, des hommes (et parmi eux le beau sexe tout entier) tient ce pas qui affranchit de la tutelle pour très dangereux et de surcroît pénible, c'est que s'y emploient ces tuteurs qui, dans leur extrême bienveillance, se chargent de les surveiller.
Après avoir d'abord abêti leur bétail et avoir empêché avec sollicitude ces créatures paisibles d'oser faire un pas sans la roulette d'enfant où il les avait emprisonnés, ils leur montrent ensuite le danger qui les menace s'ils essaient de marcher seuls.

Or ce danger n'est sans doute pas si grand, car après quelques chutes ils finiraient bien par apprendre à marcher; 
 un tel exemple rend pourtant timide et dissuade d'ordinaire de toute autre tentative ultérieure.

Il est donc difficile à chaque homme pris individuellement de s'arracher à l'état de tutelle devenu pour ainsi dire une nature. Il y a même pris goût et il est pour le moment vraiment dans l'incapacité de se servir de son propre entendement parce qu'on ne l'a jamais laissé s'y essayer. 
Les préceptes et les formules, ces instruments mécaniques d'un usage raisonnable ou plutôt d'un mauvais usage de ses dons naturels, sont les entraves d'un état de tutelle permanent.
Qui les rejetterait ne sauterait par-dessus le plus étroit fossé qu'avec maladresse parce qu'il n'aurait pas l'habitude de se mouvoir librement.

Aussi, peu nombreux sont ceux qui ont réussi à se dépêtrer, par le propre travail de leur esprit, de l'état de tutelle et à marcher malgré tout d'un pas assuré.

Mais qu'un public s'éclaire lui-même est plus probable; cela est même presque inévitable pourvu qu'on lui accorde la liberté.

Car il se trouvera toujours quelques êtres pensant par eux-mêmes, même parmi les tuteurs en exercice du grand nombre, pour rejeter eux-mêmes le joug de l'état de tutelle et pour propager ensuite autour d'eux l'esprit d'une appréciation raisonnable de la propre valeur et de la vocation de tout homme à penser par lui-même.

A cet égard, il est singulier que le public, que les tuteurs avaient eux-mêmes mis auparavant sous ce joug, contraigne par la suite ceux-ci à y rester une fois qu'il y est incité par quelques-uns de ses tuteurs, qui sont eux-mêmes incapables de toute lumière; tant il est pernicieux de cultiver des préjugés, car ils finissent par se venger de ceux-là mêmes qui en furent les auteurs, à moins que ce ne fussent leurs prédécesseurs.

C'est pourquoi un public ne peut accéder que lentement aux Lumières.

Par une révolution on peut bien obtenir la chute d'un despotisme personnel ou la fin d'une oppression reposant sur la soif d'argent ou de domination, mais jamais une vraie réforme du mode de penser, mais au contraire de nouveaux préjugés serviront, au même titre que les anciens, à tenir en lisière ce grand nombre dépourvu de pensée.

Mais pour ces Lumières il n'est rien requis d'autre que la liberté; 
et la plus inoffensive parmi tout ce qu'on nomme liberté, 
à savoir celle de faire un usage public de sa raison sous tous les rapports.

Or j'entends de tous côtés cet appel: ne raisonnez pas !
L'officier dit: ne raisonnez pas mais exécutez !
Le conseiller au département du fisc dit: ne raisonnez pas mais payez !
Le prêtre dit: ne raisonnez pas mais croyez !
( un seul maître au monde dit: raisonnez autant que vous voulez et sur ce que vous voulez, mais obéissez !)

Ici il y a partout limitation de la liberté.

Mais quelle limitation fait obstacle aux Lumières ?
Quelle autre ne le fait pas mais leur est au contraire favorable ?

- je réponds:

l'usage public de sa raison doit toujours être libre et il est seul à pouvoir apporter les Lumières parmi les hommes; mais son usage privé peut souvent être très étroitement limité sans pour autant entraver notablement le progrès des Lumières.
Je comprends par usage public de sa propre raison celui qu'en fait quelqu'un, en tant que savant, devant l'ensemble du public
J'appelle usage privé celui qu'il lui est permis de faire de sa raison dans une charge civile qui lui a été confiée ou dans ses fonctions.

Or, pour maintes activités qui touchent à l'intérêt de la communauté, un certain mécanisme est nécessaire au moyen duquel quelques membres de la communauté doivent se comporter de manière purement passive afin d'être dirigés, en vertu d'une unanimité artificielle, par le gouvernement vers des fins publiques ou, du moins, d'être empêchés de détruire ces fins. Sans doute n'est-il pas permis de raisonner; on est obligé d'obéir.

Mais dans la mesure où cette partie de la machine se considère en même temps comme membre de toute une communauté, voire de la société cosmopolite, il peut par suite, en sa qualité de savant qui s'adresse avec des écrits à un public au sens propre du terme, en tout état de cause raisonner sans qu'en pâtissent les activités auxquelles il est préposé en partie comme membre passif.

Ainsi, il serait très pernicieux qu'un officier qui reçoit un ordre de ses supérieurs veuille, lorsqu'il est en exercice, ratiociner à voix haute sur le bien-fondé ou l'utilité de cet ordre; il est obligé d'obéir. Mais on ne peut équitablement lui défendre de faire, en tant que savant, des remarques sur les fautes commises dans l'exercice de la guerre et de les soumettre au jugement de son public.

Le citoyen ne peut se refuser à payer les impôts dont il est redevable; une critique déplacée de telles charges, quand il doit lui-même les payer, peut même être punie comme scandale (susceptible de provoquer des actes d'insoumission généralisés). Néanmoins celui-là même ne contrevient pas au devoir d'un citoyen s'il exprime publiquement, en tant que savant, ses pensées contre l'incongruité ou l'illégitimité de telles impositions.

De même un prêtre est tenu de faire son exposé à ses catéchumènes et à sa paroisse selon le symbole de l'église qu'il sert, car c'est à cette condition qu'il a été engagé. Mais, en tant que savant, il a pleine liberté, et c'est même sa vocation, de communiquer à son public les pensées soigneusement examinées et bien intentionnées qu'il a conçues sur les imperfections de ce symbole ainsi que des propositions en vue d'une meilleure organisation des affaires religieuses et ecclésiastiques. A cet égard il n'y a rien non plus qui puisse être imputé à sa conscience. Car ce qu'il enseigne par suite de ses fonctions, comme mandataire de l' Église, il le présente comme quelque chose qu'il n'a pas le pouvoir d'enseigner comme bon lui semble mais qu'il est chargé d'exposer selon des instructions et au nom d'un autre. Il dira: notre Église enseigne ceci ou cela; voici les arguments dont elle se sert. Il tire alors pour sa paroisse tout le profit pratique de préceptes auxquels il ne souscrirait pas lui-même en toute conviction mais qu'il peut toutefois prétendre exposer parce qu'il n'est pas tout à fait impossible qu'un vérité cachée ne s'y trouve, mais qu'en tout cas ne s'y rencontre rien qui contredise la religion intérieure. Car s'il croyait que quelque chose de tel s'y trouve, il ne pourrait en toute conscience assumer ses fonctions; il devrait s'en démettre.

Donc, l'usage qu'un professeur en exercice fait de sa raison devant sa paroisse est simplement un usage privé, parce que celle-ci n'est jamais qu'un rassemblement familial quel que soit son importance; et, à cet égard, il n'est pas libre, en tant que prêtre, et il ne lui est pas non plus permis de l'être, parce qu'il s'acquitte d'une mission venant de l'extérieur.

En revanche, en tant que savant qui, par des écrits, s'adresse au public proprement dit, c'est-à-dire au monde, le prêtre jouit par suite, dans l'usage public de sa raison, d'une liberté illimitée de se servir de sa propre raison et de parler en son propre nom. Car, que les tuteurs du peuple (dans les choses spirituelles) doivent être eux-mêmes en état de tutelle, est une ineptie qui aboutit à perpétuer les inepties.

Mais une société d'ecclésiastiques, par exemple un concile, ou une vénérable classe (comme elle se nomme elle-même chez les Hollandais) ne devrait-elle pas être habilitée à s'obliger à prêter entre eux le serment de respecter un certain symbole immuable, pour exercer ainsi une tutelle incessante sur chacun de ses membres et, par leur truchement, sur le peuple, et de la rendre pour ainsi dire éternelle ?
Je dis: c'est tout à fait impossible. Un tel contrat qui serait conclu pour tenir à jamais le genre humain à l'écart de toute nouvelle lumière est purement et simplement nul et non avenu;
quand bien même il serait entériné par le pouvoir suprême, par les diètes du Reich et par les traités de paix les plus solennels.

Une époque ne peut se liguer et jurer de mettre la suivante dans un état où il lui sera nécessairement impossible d'étendre ses connaissances (surtout celles qui lui importent au plus haut point), d'en éliminer les erreurs, et en général de progresser dans les Lumières.
Ce serait un crime contre la nature humaine, dont la destination originelle consiste précisément en cette progression; et les descendants sont donc parfaitement en droit de rejeter ces décisions au motif qu'elles ont été prises de manière illégitime et scélérate.

La pierre de touche de tout ce qui peut être adopté en matière de loi pour un peuple tient dans la question suivante: un peuple pourrait-il se donner à lui-même une telle loi ?
Certes cela serait possible pour une durée déterminée et brève, comme dans l'attente d'une loi meilleure, afin d'introduire un certain ordre: tandis qu'on laisserait en même temps toute liberté à chaque citoyen, et particulièrement au prêtre, de faire, en sa qualité de savant, publiquement, c'est-à-dire par ses écrits, des observations sur les défauts de l'institution du moment;
ainsi l'ordre introduit se maintiendrait jusqu'à ce que le discernement de la nature de ces choses soit publiquement suffisamment avancé et assuré pour amener devant le trône, grâce à l'union des voix (même si ce n'est pas toutes), la proposition de protéger ces paroisses qui se seraient entendues, en vertu du concept qu'elles se font d'un meilleur discernement, pour modifier l'institution religieuse, sans contrarier pour autant celles qui voudraient laisser les choses en l'état.
Mais s'entendre sur une constitution religieuse ferme, qui ne puisse publiquement être mise en doute par personne, ne fût-ce que pendant la durée d'une vie humaine, et par là même pour ainsi dire empêcher qu'une époque ne voie l'humanité s'améliorer progressivement, et la rendre stérile, et ce faisant tout à fait préjudiciable aux descendants, est absolument interdit. 
  Un homme peut certes, pour sa personne, et même alors pour quelque temps seulement, ajourner les Lumières quant à ce qui lui incombe de savoir; mais y renoncer, que ce soit pour sa personne, mais plus encore pour les descendants, c'est attenter aux droits sacrés de l'humanité et les fouler aux pieds.

Mais ce que même un peuple n'est pas autorisé à décider pour lui-même, un monarque est encore bien moins autorisé à le décider pour un peuple; car son prestige de législateur repose sur ceci qu'il réunit toute la volonté du peuple dans la sienne. Pourvu qu'il ait seulement en vue que toute amélioration vraie ou supposée soit compatible avec l'ordre civil, il ne peut au demeurant que laisser ses sujets faire eux-mêmes ce qu'ils estiment nécessaire au salut de leur âme; cela n'est aucunement son affaire qui est bien plutôt de prévenir qu'un individu n'empêche, de tout son pouvoir et par la violence, les autres de travailler à définir et à accomplir leur salut. il porte même préjudice à sa majesté s'il s'en mêle, en faisant les honneurs d'une surveillance gouvernementale aux écrits par lesquels ses sujets tentent de clarifier leurs vues, qu'il le fasse à partir de sa propre vue élevée des choses, ce en quoi il s'expose au reproche : Caesar non est supra grammaticos, ou, pire encore, qu'il abaisse son pouvoir suprême à soutenir dans son État le despotisme spirituel de quelques tyrans contre le reste de ses sujets.

Si on pose à présent la question: vivons-nous maintenant à une époque éclairée ? la réponse est: non, mais à une époque de Lumières. Il s'en faut encore de beaucoup que les hommes dans leur ensemble, en l'état actuel des choses, soient déjà, ou puissent seulement être mis en mesure de se servir dans les choses de la religion de leur entendement avec assurance et justesse sans la conduite d'un autre. Cependant nous avons des indices évidents qu'ils ont le champ libre pour travailler dans cette direction et que les obstacles à la généralisation des Lumières, ou à la sortie de cet état de tutelle dont ils sont eux-mêmes responsables se font de moins en moins nombreux. A cet égard, cette époque est l'époque des Lumières.

Un prince qui ne trouve pas indigne de lui de dire qu'il tient pour un devoir de ne rien prescrire aux hommes dans les choses de la religion, mais de leur laisse entière liberté en la matière, qui va jusqu'à récuser le nom hautain de tolérance est lui-même éclairé et mérite d'être glorifié par le monde contemporain et la postérité reconnaissants comme celui qui le premier a délivré le genre humain de l'état de tutelle, du moins pour ce qui est du gouvernement, et à avoir laissé chacun libre de se servir de sa propre raison pour toutes les questions de conscience. Sous son règne, il est permis à de vénérables ecclésiastiques, sans préjudice des devoirs de leurs fonctions, de soumettre librement et publiquement à l'examen du monde, en leur qualité de savants, des jugements et des réflexions s'écartant ici ou là du symbole admis; mais plus encore à tous les autres qui ne sont pas limités par les obligations de leurs fonctions. Cet esprit de liberté s'étend même au-dehors, même là où il doit lutter contre les obstacles extérieurs d'un gouvernement qui se méprend sur son propre compte. 

Qu'il ne soit nullement besoin de veiller à la paix et à l'unité de la communauté lorsque règne la liberté sert en effet d'exemple à ce gouvernement. Ces hommes travaillent d'eux-même à sortir peu à peu de leur grossièreté dès lors qu'on ne s'ingénie pas à les y maintenir.

J'ai placé le point essentiel des Lumières, la sortie des hommes hors de l'état de tutelle dont ils sont eux-même responsables, surtout dans les choses de la religion, parce que, au regard des arts et des sciences, nos souverains n'ont pas intérêt à exercer leur tutelle sur leurs sujets; au reste, cet état de tutelle est, en même temps que le plus préjudiciable, le plus déshonorant de tous. Mais la manière de penser d'un chef d' État qui favorise les Lumières va encore plus loin et discerne que même au regard de sa législation, il est sans danger d'autoriser ses sujets à faire publiquement usage de leur propre raison et à exposer publiquement au monde leurs idées sur une meilleure rédaction de ladite législation, même si elles sont assorties d'une franche critique de celle qui est en vigueur;

Mais seul celui qui, lui-même éclairé, n'est pas sujet à des peurs chimériques et qui a en même temps à sa disposition une armée nombreuse et bien disciplinée pour maintenir l'ordre public, peut dire ce qu'un État libre ne peut oser dire: raisonnez autant que vous voulez et sur ce que vous voulez, mais obéissez ! Ainsi les choses humaines prennent ici un cours déconcertant et inattendu; et d'ailleurs si on observe les choses dans les grands traits, tout y est paradoxal. un degré supérieur de liberté civile semble bénéfique à la liberté de l'esprit du peuple et lui impose cependant des bornes infranchissables ; un moindre degré de liberté civile ménage en revanche l'espace où il s'épanouira autant qu'il est en son pouvoir.

Quand la nature a fait sortir de la dure enveloppe le germe dont elle prend soin le plus tendrement, c'est-à-dire le penchant et la vocation à la libre pensée, ce penchant a progressivement des répercussions sur l'état d'esprit du peuple (ce qui le rend peu à peu plus apte à agir librement)

et finalement même sur les principes du gouvernement lequel trouve profitable lui-même de traiter l'être humain, qui est désormais plus qu'une machine, conformément à sa dignité.

texte du philosophe Kant,
à Könisberg ( Prusse ) le 30 septembre 1784

traduction par JF Poirier et F Proust



Séduire 💞💞

Entre faire l’amour et faire la moue, il n’y a que l’air qui change.

La chanson est la même : envoyer un message pour dire à l’autre que j’existe.

Or, que nous chante le mot ex-is t ?
Il nous dit dans sa musique, qu’exister c’est être sorti de la pierre tombale.
(Tiens, ça me rappelle quelqu’un !) ex, bien sûr, et is : la pierre, vous savez bien ?

Comment exprimer mieux cet état d’exister que de le dire "coupé de la mort".

Alors on a créé un mot pour résumer ça : a-mor. Amor, le contraire de mort.

Rajoutez-y à l’usage le u pour y accueillir le souffle
et voyez qu’il n’y a rien à faire de plus pour exister que d’être amour !

Et qu’il n’y a pas lieu d’envoyer des messages dont le seul effet est de recevoir en retour quelques certitudes titubantes. Certitudes qui nous reviennent sans cesse que grâce aux béquilles de notre obstination à croire que c’est en voyant bouger notre ombre qu’on voit qu’on est vivant, a glissées sous leurs bras fatigués d’avoir colporté si longtemps tant d’âneries . 
L’ombre des morts bouge également ! Rapport à la course du soleil.

Alors, il n’y a donc pas lieu de vouloir séduire.

Ah ! séduire… Verbe concocté à partir du verbe duire. Se duire… vous vous rendez compte, se duire ? Quand on sait que duire signifiait dresser, dans le sens obliger un cheval à obéir, mettre à sa botte. Alors se duire ! Verbe réflexif : je me dresse pour faire obéir l’autre… Ou bien : en dressant l’autre je me mets à sa botte, ou en te dressant je me soumets ? Quel tableau !

Alors s’il vous plaît, soyons nous-mêmes.

Existons pour l’amour de la vie.

Et faisons l’amour pour entendre chanter la vie !



texte de Jean-Claude Berliocchi dit Angelo
rejoignez-le sur Les Passeurs de clés pour votre plus grand plaisir

Lâcher prise

Lâcher prise, ce n’est pas se montrer indifférent
Mais simplement admettre qu’on ne peut agir à la place de quelqu’un d’autre.

Lâcher prise ce n’est pas couper les liens
Mais prendre conscience qu’on ne peut contrôler autrui.

Lâcher prise ce n’est pas être passif
Mais au contraire tirer les leçons des conséquences inhérentes à un événement.

Lâcher prise c’est reconnaître son impuissance
C’est-à-dire que le résultat final n’est pas entre nos mains.

Lâcher prise ce n’est pas blâmer ou vouloir changer autrui
Mais donner le meilleur de soi-même.

Lâcher prise ce n’est pas prendre soin des autres
Mais se sentir concerné par eux.

Lâcher prise ce n’est pas assister, mais encourager.

Lâcher prise, ce n’est pas juger
Mais accorder à autrui le droit d’être humain.

Lâcher prise, ce n’est pas s’occuper de tout ce qui arrive,
Mais laisser les autres s’occuper de leur propre destin.

Lâcher prise ce n’est pas materner les autres
Mais leur permettre d’affronter la réalité.

Lâcher prise, ce n’est pas rejeter, mais au contraire accepter.

Lâcher prise, ce n’est pas harceler, sermonner ou gronder
Mais tenter de déceler ses propres faiblesses pour s’en défaire.

Lâcher prise, ce n’est pas adapter les choses à ses propres désirs
Mais prendre chaque jour comme il vient et l’apprécier.

Lâcher prise ce n’est pas critiquer autrui
Mais s’efforcer de devenir ce que l’on rêve de devenir.

Lâcher prise ce n’est pas regretter le passé
Mais vivre et grandir pour l’avenir.

Lâcher prise c’est craindre moins et aimer d’avantage.


texte de - 💓 Wlady Zagolska 💓 - Maître Reiki, tarots

La prière, un élan du cœur


" Pour moi, la prière c'est un élan du cœur,
c'est un simple regard jeté vers le ciel,
c'est un cri de reconnaissance et d'amour
au sein de l'épreuve comme au sein de la joie."

Sainte Thérèse de l'Enfant-Jésus


La prière, dans son essence la plus pure, est un mouvement spontané de l’âme, une impulsion qui ne se réfléchit pas, mais jaillit comme une source vive. Elle n’a pas besoin de mots savants, de formules figées ni d’un cadre rigide. Elle est l’élan du cœur vers l’invisible, la communion silencieuse ou vibrante avec le Divin.

Un simple regard vers le Ciel

Il suffit parfois de lever les yeux, d’observer le ciel vaste et lumineux, pour sentir en soi ce frémissement d’éternité. Un regard suffit, car il est chargé de toute l’intensité de l’être. Lorsque nous nous tournons vers le Ciel, que ce soit avec un murmure ou un silence, nous ouvrons un canal entre notre monde et l’Infini. Dans ce regard, Dieu répond toujours.

Un cri de reconnaissance et d’amour

La prière n’est pas seulement un appel dans l’épreuve, elle est aussi ce cri d’amour dans la joie. Elle est un merci vibrant, une offrande d’émerveillement. Comme un enfant qui se blottit dans les bras de son parent, nous venons à Dieu, non pas toujours pour demander, mais souvent pour remercier et aimer.

"Je T’aime, Seigneur, pour ce matin qui se lève, 
pour ce souffle qui m’anime encore, 
pour la lumière qui danse dans les feuillages."

La prière est un chant intérieur, un écho de gratitude qui se mêle aux battements de l’univers.

Dans l’épreuve comme dans la joie

Lorsque l’ombre s’abat sur nos vies, prier devient parfois un cri. Un cri du cœur qui ne comprend pas, mais qui espère. C’est dans ces instants de douleur que la prière devient force, refuge et flambeau.
Et lorsque la vie nous comble, que le soleil brille dans notre âme, la prière devient célébration. Un élan de joie qui danse vers le Ciel.

La prière, un souffle divin en nous

Que l’on prie avec des mots ou avec le silence, avec une larme ou avec un sourire, peu importe. La prière est cette respiration du Ciel en nous. Un battement de l’Infini au creux du fini.

Alors, que notre prière soit ce qu’elle doit être : un élan sincère, un regard vers l’Amour, un cri du cœur qui se sait entendu.

mardi

Parlez-nous du don



Vous ne donnez que peu lorsque vous donnez de vos biens.
C'est lorsque vous donnez de vous-même que vous donnez réellement.

  • Car, que sont vos biens sinon des choses que vous conservez jalousement par crainte d'en avoir besoin demain ?
  • Et demain, qu'apportera demain au chien trop prudent cachant des os dans le sable mouvant alors qu'il suit les pèlerins vers la ville sainte ?
  • Et qu'est la peur de la misère, sinon la misère elle-même ?
  • Et la crainte de la soif devant votre puits plein, n'est elle pas déjà la soif inextinguible ?

Il en est qui donnent peu de l'abondance qu'ils ont - et ils donnent pour susciter la reconnaissance, et leur désir secret corrompt leur don.

Il en est qui ont peu et qui le donnent entièrement.
Ceux-ci croient en la vie et dans la bonté de la vie, et leur coffre n'est jamais vide.
il en est qui donnent avec joie, et cette joie est leur récompense.

Il en est qui donnent avec douleur, et cette douleur est leur baptême.

il en est qui donnent et ne ressentent ni douleur ni joie et ne sont pas conscients de leur vertu;
Ils donnent comme dans la vallée là-bas où le myrte exhale son parfum dans l'espace.
Par les mains de tels êtres, Dieu parle, et à travers leur regard, Il sourit à la terre.

Il est bien de donner lorsqu'on est sollicité, mais il est mieux de donner sans être sollicité, par compréhension;
Et pour les généreux, rechercher ceux qui recevront est une joie plus grande que le don

Et est-il une chose que vous voudriez refuser ?
Tout ce que vous avez sera donné un jour;
Donnez donc maintenant, afin que la saison de donner soit vôtre et non celle de vos héritiers.

Vous dites souvent: " Je donnerai, mais seulement à ceux qui le méritent. "
Les arbres de vos vergers ne parlent pas ainsi, ni les troupeaux dans vos pâturages.
Ils donnent afin de vivre, car retenir c'est périr.

Sûrement celui qui est digne de recevoir ses jours et ses nuits, est digne de tout recevoir de vous;
Et celui qui a mérité de boire à l'océan de la vie mérite de remplir sa coupe à votre ruisselet.

Et y a-t-il mérite plus grand que celui qui réside dans le courage et la confiance, oui, dans la charité de recevoir ?

Et qui êtes-vous pour que les hommes se déchirent la poitrine et se dépouillent de leur fierté, de sorte que vous puissiez voir leur dignité mise à nu et leur fierté exposée ?

Voyez d'abord à mériter vous-mêmes d'être donneur et instrument du don.
Car, en vérité, c'est la vie qui donne à la vie - alors que vous, qui vous imaginez être donneurs, n'êtes en réalité que témoins.

Et vous qui recevez - et vous recevez tous - n'assumez aucune charge de gratitude, de crainte d'imposer un joug à vous-mêmes et à celui qui donne.

Élevez-vous plutôt avec celui qui donne, prenant ses dons comme si c'étaient des ailes;

Car être trop soucieux de votre dette, c'est douter de sa générosité qui a la terre magnanime pour mère et Dieu pour père.

extrait du livre de KHalil Gibran: " Le prophète "

parlez-nous du travail


Vous travaillez pour pouvoir aller au rythme de la terre et de l'âme de la terre.

Car être oisif c'est devenir étranger aux saisons, et s'écarter de la procession de la vie, qui avance majestueusement et en fière soumission vers l'infini.

Lorsque vous travaillez, vous êtes une flûte à travers laquelle le murmure des heures se transforme en musique.
Lequel d'entre vous voudrait être un roseau, muet et silencieux, alors que tout chante à l'unisson ?

Toujours on vous a dit que le travail est une malédiction et le labeur une infortune.
Mais je vous dis que lorsque vous travaillez vous accomplissez une part du rêve le plus lointain de la terre, qui vous fut assignée lorsque ce rêve naquit.

Et en vous gardant unis au travail, en vérité vous aimez la vie,
Et aimer la vie à travers le travail, c'est être initié au plus intime secret de la vie.

Mais si dans votre douleur vous appelez la naissance une affliction et le poids de la chair une malédiction inscrite sur votre front, alors je réponds que seule la sueur de votre front lavera ce qui est inscrit.

on vous a dit aussi que la vie est obscurité, et dans votre fatigue vous répétez ce que disent les las.
Et je vous dis que la vie est réellement obscurité sauf là où il y a élan,
Et tout élan est aveugle sauf là où il y a savoir,
Et tout savoir est vain sauf là où il y a travail,
Et tout travail est vide sauf là où il y a amour;
Et lorsque vous travaillez avec amour vous vous liez à vous-même, et l'un à l'autre, et à Dieu.

Et qu'est-ce que travailler avec amour ?
C'est tisser l'étoffe avec des fils tirés de votre cœur, comme si votre bien-aimé devait porter cette étoffe.
C'est bâtir une maison avec affection, comme si votre bien-aimé devait demeurer en cette maison.
C'est semer des grains avec tendresse et récolter la moisson avec joie, comme si votre bien-aimé devait en manger le fruit.
C'est mettre en toutes choses que vous façonnez un souffle de votre propre esprit,
Et savoir que tous les morts bienheureux se tiennent auprès de vous et veillent.

Souvent je vous ai entendu dire, comme si vous parliez dans votre sommeil, " Celui qui travaille le marbre, et qui trouve la forme de son âme dans la pierre, est plus noble que celui qui laboure le sol.
Et celui qui saisit l'arc-en-ciel et l'étend sur la toile à la ressemblance de l'homme, est plus que celui qui fait des sandales pour nos pieds."
Mais moi je dis, non pas en sommeil, mais dans le plein éveil du milieu du jour, que le vent ne parle pas plus doucement au chêne géant qu'au plus infime de tous les brins d'herbe;
Et celui-là seul est grand qui transforme la voix du vent en un chant rendu plus doux par son propre amour.

Le travail est l'amour rendu visible.
Et si vous ne pouvez travailler avec amour mais seulement avec dégoût, il vaut mieux abandonner votre travail et vous asseoir à la porte du temple et recevoir l'aumône de ceux qui œuvrent dans la joie.
Car si vous faites le pain avec indifférence, vous faites un pain amer qui n'apaise qu'à moitié la faim de l'homme.
Et si vous pressez le raisin de mauvaise grâce, votre regret distille un poison dans le vin.
Et même si vous chantez comme les anges et n'aimez pas le chant, vous fermez les oreilles de l'homme aux voix du jour et aux voix de la nuit.


extrait du livre de Khalil Gibran : " le prophète "

Parlez nous de la joie et de la tristesse


Votre joie est votre tristesse sans masque.
Et le même puits d'où fuse votre rire fut souvent rempli de vos larmes.

Et comment en serait-il autrement ?
Plus profondément le chagrin creusera votre être, plus vous pourrez contenir de joie.
La coupe qui contient votre vin n'est-elle pas la même coupe qui fut cuite dans le four du potier ?
Et le luth qui caresse votre âme, n'est-il pas le même bois qui fut évidé au couteau ?

Lorsque vous êtes joyeux, regardez profondément en votre cœur et vous trouverez que ce qui vous apporte de la joie n'est autre que ce qui vous a donné de la tristesse.

Lorsque vous êtes tristes, regardez à nouveau en votre cœur, et vous verrez qu'en vérité vous pleurez pour ce qui fut votre délice.

Il en est parmi vous qui disent: " La joie est plus grande que la tristesse " et d'autres disent: " Non, la tristesse est plus grande."
Mais , moi, je vous dis qu'elles sont inséparables.
Ensemble elles viennent, et quand l'une vient s'asseoir seule avec vous à votre table, rappelez-vous que l'autre dort sur votre lit.

En vérité, vous êtes suspendus comme une balance entre votre tristesse et votre joie.
Ce n'est que lorsque vos plateaux sont vides que vous êtes immobiles et en équilibre.

Lorsque le gardien du trésor vous soulèvera pour peser son or et son argent, il faudra que votre joie et votre tristesse s'élève ou s'abaisse.



extrait du livre de Khalil Gibran : " Le prophète "
 

Dans le grand balancier de l’existence, la joie et la tristesse ne sont pas des contraires, mais les reflets d’une même vérité intérieure. Ce que l’âme exulte dans l’instant lumineux, elle l’a d’abord forgé dans les creusets de la peine.

La tristesse creuse l’être, tel un sillon profond, et lorsque vient la joie, c’est dans ce sillon qu’elle s’engouffre, s’élève et rayonne. Ainsi, « le même puits d'où fuse votre rire fut souvent rempli de vos larmes. » Tout ce que nous avons perdu, souffert ou espéré, devient la matière première de nos émerveillements futurs.

Ne craignez pas la tristesse, elle est le burin du sculpteur, taillant la pierre brute de votre âme pour en faire un sanctuaire où la lumière pourra entrer. Ne vous attachez pas non plus à la joie éphémère, car elle ne fait que danser sur les vagues du temps. Accueillez chaque émotion comme une vague de l’océan divin, sachant que derrière le creux de l’une vient toujours le sommet de l’autre.

Celui qui sait pleurer pleinement saura aussi rire de tout son cœur. Celui qui refuse une part du spectre des émotions se prive de la plénitude de son être.

Ainsi, « bienheureux ceux qui pleurent, car ils seront consolés », non par un apaisement extérieur, mais parce que leurs larmes auront creusé en eux l’espace où pourra éclore une joie plus vaste, plus vraie.

Alors, lorsque vous riez, souvenez-vous du puits de vos larmes. Et lorsque vous pleurez, souvenez-vous que l’eau la plus claire jaillit souvent des sources les plus profondes.

Parlez-nous de Maisons


Bâtissez de vos rêves une retraite dans le désert 
avant de bâtir une maison dans l'enceinte de la ville.

Car de même que vous avez des retours au foyer en votre crépuscule, ainsi le voyageur en vous, celui qui est toujours loin et seul.
Votre maison est votre plus grand corps.
Elle grandit dans le soleil et dort dans le silence de la nuit; et elle n'est pas sans rêves. 
Votre maison ne rêve-t-elle pas ? 
et en rêve, ne quitte-t-elle pas la ville pour le bosquet ou la colline ?

Ô si je pouvais cueillir vos maisons dans ma main et comme un semeur les éparpiller dans les forêts et les prés.
Fasse que les vallées soient vos rues et les verts sentiers vos ruelles, que vous puissiez vous chercher l'un l'autre à travers les vignes et ramener les senteurs de la terre dans vos vêtements.

Mais il n'est pas encore le temps de ces choses.

Dans leur peur, vos aïeux vous ont rassemblés trop près l'un de l'autre. Et cette peur durera encore un peu de temps. Encore un peu de temps les murs de vos cités sépareront vos foyers de vos champs.

Et dites-moi, peuple d'Orphalese, qu'avez-vous dans ces maisons ? 
Et que gardez-vous derrière ces portes fermées ?
Avez-vous la paix, la tranquille impulsion qui révèle votre puissance ?
Avez-vous des souvenirs, ces voûtes brillantes qui surplombent les sommets de l'esprit ?
Avez-vous la beauté, qui détourne le coeur des objets faits de bois et de pierre pour l'orienter vers la montagne sainte ?

Dites-moi, avez-vous cela dans vos maisons ?

Ou n'avez-vous que le bien-être, et la convoitise du bien-être, ce désir furtif qui entre en invité dans la maison, puis y devient un hôte, et puis un maître ?

Oui, et il devient dompteur, et avec fourche et fouet il fait des pantins de vos plus généreux désirs.

Bien que ses mains soient de soie, son cœur est de fer.
Il vous berce jusqu'au sommeil uniquement pour hanter votre chevet et se gausser de la dignité de la chair.
Il se moque de vos sens qui sont bons et les couche dans de l'ouate comme des vases fragiles.
En vérité, la convoitise du bien-être tue la passion de l'âme, et suit en ricanant ses funérailles.

Mais vous, enfants de l'espace, vous les inquiets dans le repos, vous ne serez ni capturés ni apprivoisés.
Votre maison ne sera pas une ancre mais un mât.

Elle ne sera pas un voile étincelant qui couvre une plaie, mais une paupière qui protège l'œil.

Vous ne replierez pas vos ailes afin de pouvoir franchir les portes, ni ne courberez vos têtes pour qu'elles ne heurtent pas les plafonds, ni ne craindrez de respirer de peur que les murs ne se fendent et s'écroulent.

Vous n 'habiterez pas des tombes construites par les morts pour les vivants.

Même faite avec magnificence et splendeur, votre maison ne saurait contenir votre secret ni abriter votre désir.

Car ce qui est infini en vous habite le château du ciel, dont la porte est la brume du matin, et dont les fenêtres sont les chants et les silences de la nuit.

extrait du livre de Khalil Gibran: " Le prophète "

Dans le tumulte du monde moderne, beaucoup cherchent à bâtir une maison, un refuge, un espace de stabilité. Mais avant de poser les fondations d'une demeure physique, ne serait-il pas plus sage de bâtir d'abord une retraite dans le désert de l'âme ? Une forteresse intérieure, loin des agitations et des exigences du monde, un sanctuaire où se forge l'Esprit avant de s'ancrer dans la matière.

Le désert, un lieu d'initiation

Le désert, dans la tradition spirituelle, est souvent l'endroit où l'être rencontre le silence, l'immensité, et l'épreuve de lui-même. Moïse, Jésus, Mahomet, et tant d'autres figures initiatiques ont trouvé dans le désert la purification nécessaire avant d'affronter le monde et de guider les autres.

Le désert n'est pas seulement un lieu physique. Il est un état de dépouillement, un espace où tout superflu disparaît. En acceptant de traverser ce vide, l'être trouve en lui des réserves insoupçonnées et fait jaillir l'eau vive de la Source intérieure.

Bâtir l'invisible avant le visible

Il est tentant de construire une maison, d'accumuler des possessions, de chercher sécurité et reconnaissance dans les murs que nous dressons autour de nous. Mais si ces murs ne reposent pas sur des fondations spirituelles solides, ils deviendront des prisons plutôt que des sanctuaires.

La vraie demeure ne se trouve pas dans la pierre, mais dans la clarté de l'âme. Avant de planter le premier pilier d'une maison dans la ville, il convient d'ancrer la demeure intérieure dans la paix, la sagesse et la présence du Divin. C'est en se retirant dans son propre désert que l'on comprend ce qui est essentiel, ce qui doit être laissé derrière, et ce qui doit être préservé.

Construire avec sagesse

Ceux qui ont connu l'exil volontaire de l'âme reviennent différents. Leur regard pénètre au-delà des apparences, leurs gestes deviennent plus assurés, leur parole plus véridique. Ils bâtissent alors des maisons qui ne sont pas seulement des toits, mais des phares, des espaces vibrants de présence, des havres de Lumière.

Lorsque l'on a appris à vivre avec peu, on construit sans superflu. Lorsque l'on a connu l'essentiel, on façonne un espace qui répond à l'âme, et non aux exigences passagères du monde.

Le retour dans l'enceinte de la ville

Un jour vient où l'on revient du désert. On apporte avec soi la force de ce que l'on a traversé. On s'intègre dans la ville, mais on ne se laisse plus absorber par elle. La maison que l'on bâtit alors est une extension de la réalité intérieure que l'on a forgée. Ce n'est plus seulement une maison, mais un temple vivant.

Ainsi, avant de chercher à construire dans la matière, il est sage de construire dans l'Esprit. Avant d'habiter un lieu, il faut apprendre à habiter son être. Bâtissez votre retraite dans le désert avant d'élever une maison dans l'enceinte de la ville, et alors, où que vous soyez, vous serez toujours chez vous.

Parlez-nous du manger et du boire




Puissiez-vous vivre du parfum de la terre, 
et comme une plante vous sustenter de lumière.

Mais puisque vous devez tuer pour manger, et ravir au nouveau-né le lait de sa mère pour étancher votre soif, faites-en donc un acte de dévotion,

Et que votre table soit un autel sur lequel les purs et les innocents de la forêt et de la plaine sont sacrifiés pour ce qui est plus pur et plus innocent en l'homme.

Lorsque vous tuez une bête, dites-lui en votre cœur:
" Par la même puissance qui t'immole, moi aussi je suis immolé; et moi aussi je serai dévoré.
Car la loi qui t'a livrée entre mes mains me livrera entre des mains plus puissantes.
Ton sang et mon sang ne sont que la sève qui nourrit l'arbre du ciel."


Et lorsque vous mordez une pomme à pleines dents, dites-lui en votre cœur:
" Tes semences vivront dans mon corps,
Et les bourgeons de tes lendemains fleuriront dans mon cœur,
Et ton parfum sera mon haleine,
Et ensemble nous nous réjouirons en toutes saisons."


Et à l'automne, lorsque vous cueillez le raisin de vos vignes pour le pressoir, dites en votre cœur:
" Moi aussi je suis une vigne et mon fruit sera cueilli pour le pressoir,
Et comme du vin nouveau je serai placé dans des vases éternels."


Et en hiver, lorsque vous tirez le vin, qu'il y ait en votre cœur un chant pour chaque coupe;
Et qu'il y ait dans le chant une pensée pour les jours d'automne, et pour la vigne, et pour le pressoir.

extrait du livre de Khalil Gibran: " Le prophète "


Une alimentation sacrée, un acte de conscience

Dans notre monde matériel, la nourriture est une nécessité. Toute forme de vie se nourrit d'une autre, et l'acte de manger implique inévitablement une transformation, une transmutation d'être à être. Pourtant, cet acte peut être bien plus qu'un simple besoin biologique : il peut devenir un rite, un acte de gratitude et d'éveil.

Consommer avec respect et gratitude

Plutôt que de voir la nourriture comme un simple carburant, nous pouvons nous rappeler la vie qui a été offerte pour nous nourrir. Qu'il s'agisse d'un légume, d'un fruit ou d'un animal, il y a eu un mouvement de la vie vers nous, un passage d'énergie.

La reconnaissance de ce cycle transforme l'acte de manger en un acte sacré. Dans de nombreuses traditions spirituelles, les repas commencent par une prière, une bénédiction ou un remerciement. En théosophie, en agni yoga, et dans les traditions initiatiques, il est enseigné que la nourriture porte une vibration, et que la manière dont elle est préparée, servie et consommée influe sur notre être.

Faire de la table un autel

Si la table devient un autel, alors chaque repas est une offrande. On peut imaginer une table dressée avec soin, avec des aliments préparés avec amour, un espace où le corps et l'âme se nourrissent ensemble. Il ne s'agit pas seulement de manger, mais de partager, de communier avec les êtres visibles et invisibles.

Ce rituel peut se manifester de manière simple : en allumant une bougie, en rendant grâce à la Terre qui a donné ses fruits, en adressant une pensée aux êtres qui ont participé à cette chaîne de vie.

Vers une alimentation consciente

L'humanité a souvent oublié ce lien sacré avec la nourriture, en s'abandonnant à une consommation rapide et industrielle. Pourtant, renouer avec cette conscience transforme non seulement notre relation à l'alimentation, mais aussi à la vie elle-même.

La question n'est pas de renoncer, mais de sanctifier. Ce qui est pris à la Terre doit être honoré. Ainsi, le repas devient un moment de présence, d'éveil, où l'on se souvient que chaque bouchée est une bénédiction.

Puissiez-vous manger dans la gratitude, et faire de chaque repas un acte d'amour et de conscience.

Parlez-nous des enfants

Vos enfants ne sont pas vos enfants.
Ils sont les fils et les filles de l'appel de la Vie elle-même.
Ils viennent à travers vous mais non de vous.
Et bien qu'ils soient avec vous, ils ne vous appartiennent pas.

Vous pouvez leur donner votre amour mais non point vos pensées,
Car ils ont leurs propres pensées.
Vous pouvez accueillir leurs corps mais pas leurs âmes,
Car leurs âmes habitent la maison de demain, que vous ne pouvez visiter, pas même dans vos rêves.
Vous pouvez vous efforcer d'être comme eux, mais ne tentez pas de les faire comme vous.
Car la vie ne va pas en arrière, ni ne s'attarde avec hier.
Vous êtes les arcs par qui vos enfants, comme des flèches vivantes, sont projetés;
L' Archer voit le but sur le chemin de l'infini; et Il vous tend de Sa Puissance pour que Ses flèches puissent voler vite et loin.
Que votre tension par la main de l' Archer soit pour la joie;
Car de même qu' Il aime la flèche qui vole, il aime l'arc qui est stable.

extrait du livre de Khalil Gibran: " le prophète "

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Khalil Gibran, dans Le Prophète, nous livre une vérité profonde et parfois déconcertante :

"Vos enfants ne sont pas vos enfants.
Ils sont les fils et les filles de l’appel de la Vie à elle-même.
Ils viennent à travers vous mais non de vous,
Et bien qu’ils soient avec vous, ils ne vous appartiennent pas."

Ces mots résonnent particulièrement pour les parents qui, après avoir donné amour, éducation et guidance, voient leurs enfants emprunter un chemin bien différent de celui qu’ils avaient imaginé pour eux. Il est naturel de vouloir protéger, orienter, voire espérer que nos enfants adoptent nos valeurs et nos croyances. Pourtant, la Vie nous enseigne le détachement et la confiance en leur propre destinée.

Une mission de transmission, non de possession

Les enfants nous sont confiés, mais ils ne nous appartiennent pas. Ils sont des âmes uniques, incarnées pour suivre leur propre voie. En tant que parents, notre rôle est de les accompagner, de leur offrir un cadre stable et aimant, mais non de les modeler à notre image. Chaque âme porte en elle un dessein qui dépasse notre compréhension immédiate.

Dans une vision plus spirituelle, il est possible que nos enfants aient choisi avant leur naissance les défis qu’ils allaient rencontrer et les expériences qu’ils allaient vivre. Notre attachement aux résultats – voir nos enfants réussir selon nos critères, adopter nos croyances ou nos valeurs – est souvent une projection de notre propre ego.

Lâcher prise : un acte d’amour

Accepter que nos enfants soient les architectes de leur propre vie demande une grande force intérieure. Cela signifie parfois assister, impuissant, à leurs erreurs, leurs égarements, leurs choix que nous ne comprenons pas. Mais leur véritable croissance passe par l’expérience, tout comme nous avons dû faire nos propres apprentissages, souvent à travers l’épreuve.

Le détachement n’est pas de l’indifférence. C’est au contraire une forme d’amour plus vaste, plus universel, qui respecte la liberté de l’autre. Il s’agit d’aimer sans attentes, d’être présent sans imposer, de guider sans contraindre.

Une leçon pour soi-même

En fin de compte, nos enfants ne sont pas les seuls à apprendre de leur chemin de vie : ils nous enseignent aussi. Ils nous apprennent à lâcher prise, à aimer sans attachement, à reconnaître que chacun suit sa propre évolution. C’est une école de sagesse, où la patience et la confiance deviennent nos meilleures alliées.

Alors, plutôt que de s’accrocher à ce que nous voudrions pour eux, peut-être devrions-nous simplement leur offrir une bénédiction intérieure : celle de les voir pleinement eux-mêmes, libres et en harmonie avec leur propre destinée.

Et si, au détour du chemin, ils reviennent vers nous avec une compréhension plus profonde, alors ce sera une grâce de plus sur notre propre parcours.

lundi

Parlez-nous du mariage


Vous êtes nés ensemble et ensemble vous resterez pour toujours.
Vous resterez ensemble quand les blanches ailes de la mort disperseront vos jours.
Oui, vous serez ensemble jusque dans la silencieuse mémoire de Dieu.
mais qu'il y ait des espaces dans votre communion,
Et que les vents du ciel dansent entre vous.

Aimez-vous l'un l'autre, mais ne faites pas de l'amour une entrave:
Qu'il soit plutôt une mer mouvante entre les rivages de vos âmes.
Emplissez chacun la coupe de l'autre mais ne buvez p
as à une seule coupe.
Partagez votre pain mais ne mangez pas de la même miche.
Chantez et dansez ensemble et soyez joyeux, mais demeurez chacun seul,
De même que les cordes d'un luth sont seules cependant qu'elles vibrent de la même harmonie.

Donnez vos coeurs, mais non pas à la garde l'un de l'autre.
Car seule la main de la Vie peut contenir vos coeurs.
Et tenez-vous ensemble, mais pas trop proches non plus:
Car les piliers du temple s'érigent à distance,
Et le chêne et le cyprès ne croissent pas dans l'ombre l'un de l'autre.


extrait du livre de Khalil Gibran " Le Prophète"

Parlez-nous de l' Amour


Quand l' amour vous fait signe, suivez-le,
Bien que ses voies soient dures et escarpées.
Et lorsque ses ailes vous enveloppent, cédez-lui,
Bien que l'épée cachée dans son pennage puisse vous blesser.
Et lorsqu'il vous parle, croyez en lui,
Malgré que sa voix puisse briser vos rêves comme le vent du Nord saccage vos jardins.

Car de même que l'amour vous couronne, il doit vous crucifier. De même qu'il est pour votre croissance il est aussi pour votre élagage.

De même qu'il s'élève à votre hauteur et caresse vos branches les plus légères qui tremblent dans le soleil,
Ainsi pénétrera-t-il jusques à vos racines et secouera dans leur attachement à la terre.

Comme des gerbes de blé il vous emporte.
Il vous bat pour vous mettre à nu.
Il vous tamise pour vous libérer de votre balle.
Il vous broie jusqu'à la blancheur.
Il vous pétrit jusqu'à ce que vous soyez souples;
Et alors il vous livre à son feu, pour que vous puissiez devenir le pain sacré du festin de Dieu.

Toutes ces choses, l'amour vous les fera pour que vous puissiez connaître les secrets de votre coeur et devenir, en cette connaissance, un fragment du coeur de la Vie.

Mais si dans votre peur, vous ne recherchez que la paix de l'amour et le plaisir de l'amour,
Alors il vaut mieux couvrir votre nudité et sortir de l'aire de l'amour,
Pour vous rendre dans le monde sans saisons où vous rirez, mais non pas tous vos rires, et pleurerez, mais non pas toutes vos larmes.

L'amour ne donne que de lui-même et ne prend que de lui-même.
l'amour ne possède pas, et ne veut pas être possédé;
Car l'amour suffit à l'amour.

Quand vous aimez, vous ne devez pas dire "Dieu est dans mon coeur", mais plutôt, "je suis dans le coeur de Dieu".
Et ne pensez pas que vous pouvez guider le cours de l'amour, car l'amour, s'il vous trouve dignes, dirigera votre cours.

L'amour n'a point d'autre désir que de s'accomplir.
Mais si vous aimez et devez avoir des désirs, qu'ils soient ceux-ci:
Se fondre et être un ruisseau coulant qui chante sa mélodie à la nuit.

Connaître la douleur de trop de tendresse.
Être blessé par sa propre intelligence de l'amour;
Et saigner volontiers et joyeusement.
Se réveiller à l'aurore avec un coeur ailé et rendre grâce pour une autre journée d'amour;
Se reposer à l'heure de midi et méditer sur l'extase de l'amour:
Rentrer en sa demeure au crépuscule avec gratitude,
Et alors dormir avec en son coeur une prière pour le bien-aimé, et sur les lèvres un chant de louange.

extrait du livre de Khalil Gibran " Le Prophète"