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mardi

Parlez-nous du don



Vous ne donnez que peu lorsque vous donnez de vos biens.
C'est lorsque vous donnez de vous-même que vous donnez réellement.

  • Car, que sont vos biens sinon des choses que vous conservez jalousement par crainte d'en avoir besoin demain ?
  • Et demain, qu'apportera demain au chien trop prudent cachant des os dans le sable mouvant alors qu'il suit les pèlerins vers la ville sainte ?
  • Et qu'est la peur de la misère, sinon la misère elle-même ?
  • Et la crainte de la soif devant votre puits plein, n'est elle pas déjà la soif inextinguible ?

Il en est qui donnent peu de l'abondance qu'ils ont - et ils donnent pour susciter la reconnaissance, et leur désir secret corrompt leur don.

Il en est qui ont peu et qui le donnent entièrement.
Ceux-ci croient en la vie et dans la bonté de la vie, et leur coffre n'est jamais vide.
il en est qui donnent avec joie, et cette joie est leur récompense.

Il en est qui donnent avec douleur, et cette douleur est leur baptême.

il en est qui donnent et ne ressentent ni douleur ni joie et ne sont pas conscients de leur vertu;
Ils donnent comme dans la vallée là-bas où le myrte exhale son parfum dans l'espace.
Par les mains de tels êtres, Dieu parle, et à travers leur regard, Il sourit à la terre.

Il est bien de donner lorsqu'on est sollicité, mais il est mieux de donner sans être sollicité, par compréhension;
Et pour les généreux, rechercher ceux qui recevront est une joie plus grande que le don

Et est-il une chose que vous voudriez refuser ?
Tout ce que vous avez sera donné un jour;
Donnez donc maintenant, afin que la saison de donner soit vôtre et non celle de vos héritiers.

Vous dites souvent: " Je donnerai, mais seulement à ceux qui le méritent. "
Les arbres de vos vergers ne parlent pas ainsi, ni les troupeaux dans vos pâturages.
Ils donnent afin de vivre, car retenir c'est périr.

Sûrement celui qui est digne de recevoir ses jours et ses nuits, est digne de tout recevoir de vous;
Et celui qui a mérité de boire à l'océan de la vie mérite de remplir sa coupe à votre ruisselet.

Et y a-t-il mérite plus grand que celui qui réside dans le courage et la confiance, oui, dans la charité de recevoir ?

Et qui êtes-vous pour que les hommes se déchirent la poitrine et se dépouillent de leur fierté, de sorte que vous puissiez voir leur dignité mise à nu et leur fierté exposée ?

Voyez d'abord à mériter vous-mêmes d'être donneur et instrument du don.
Car, en vérité, c'est la vie qui donne à la vie - alors que vous, qui vous imaginez être donneurs, n'êtes en réalité que témoins.

Et vous qui recevez - et vous recevez tous - n'assumez aucune charge de gratitude, de crainte d'imposer un joug à vous-mêmes et à celui qui donne.

Élevez-vous plutôt avec celui qui donne, prenant ses dons comme si c'étaient des ailes;

Car être trop soucieux de votre dette, c'est douter de sa générosité qui a la terre magnanime pour mère et Dieu pour père.

extrait du livre de KHalil Gibran: " Le prophète "

parlez-nous du travail


Vous travaillez pour pouvoir aller au rythme de la terre et de l'âme de la terre.

Car être oisif c'est devenir étranger aux saisons, et s'écarter de la procession de la vie, qui avance majestueusement et en fière soumission vers l'infini.

Lorsque vous travaillez, vous êtes une flûte à travers laquelle le murmure des heures se transforme en musique.
Lequel d'entre vous voudrait être un roseau, muet et silencieux, alors que tout chante à l'unisson ?

Toujours on vous a dit que le travail est une malédiction et le labeur une infortune.
Mais je vous dis que lorsque vous travaillez vous accomplissez une part du rêve le plus lointain de la terre, qui vous fut assignée lorsque ce rêve naquit.

Et en vous gardant unis au travail, en vérité vous aimez la vie,
Et aimer la vie à travers le travail, c'est être initié au plus intime secret de la vie.

Mais si dans votre douleur vous appelez la naissance une affliction et le poids de la chair une malédiction inscrite sur votre front, alors je réponds que seule la sueur de votre front lavera ce qui est inscrit.

on vous a dit aussi que la vie est obscurité, et dans votre fatigue vous répétez ce que disent les las.
Et je vous dis que la vie est réellement obscurité sauf là où il y a élan,
Et tout élan est aveugle sauf là où il y a savoir,
Et tout savoir est vain sauf là où il y a travail,
Et tout travail est vide sauf là où il y a amour;
Et lorsque vous travaillez avec amour vous vous liez à vous-même, et l'un à l'autre, et à Dieu.

Et qu'est-ce que travailler avec amour ?
C'est tisser l'étoffe avec des fils tirés de votre cœur, comme si votre bien-aimé devait porter cette étoffe.
C'est bâtir une maison avec affection, comme si votre bien-aimé devait demeurer en cette maison.
C'est semer des grains avec tendresse et récolter la moisson avec joie, comme si votre bien-aimé devait en manger le fruit.
C'est mettre en toutes choses que vous façonnez un souffle de votre propre esprit,
Et savoir que tous les morts bienheureux se tiennent auprès de vous et veillent.

Souvent je vous ai entendu dire, comme si vous parliez dans votre sommeil, " Celui qui travaille le marbre, et qui trouve la forme de son âme dans la pierre, est plus noble que celui qui laboure le sol.
Et celui qui saisit l'arc-en-ciel et l'étend sur la toile à la ressemblance de l'homme, est plus que celui qui fait des sandales pour nos pieds."
Mais moi je dis, non pas en sommeil, mais dans le plein éveil du milieu du jour, que le vent ne parle pas plus doucement au chêne géant qu'au plus infime de tous les brins d'herbe;
Et celui-là seul est grand qui transforme la voix du vent en un chant rendu plus doux par son propre amour.

Le travail est l'amour rendu visible.
Et si vous ne pouvez travailler avec amour mais seulement avec dégoût, il vaut mieux abandonner votre travail et vous asseoir à la porte du temple et recevoir l'aumône de ceux qui œuvrent dans la joie.
Car si vous faites le pain avec indifférence, vous faites un pain amer qui n'apaise qu'à moitié la faim de l'homme.
Et si vous pressez le raisin de mauvaise grâce, votre regret distille un poison dans le vin.
Et même si vous chantez comme les anges et n'aimez pas le chant, vous fermez les oreilles de l'homme aux voix du jour et aux voix de la nuit.


extrait du livre de Khalil Gibran : " le prophète "

Parlez nous de la joie et de la tristesse


Votre joie est votre tristesse sans masque.
Et le même puits d'où fuse votre rire fut souvent rempli de vos larmes.

Et comment en serait-il autrement ?
Plus profondément le chagrin creusera votre être, plus vous pourrez contenir de joie.
La coupe qui contient votre vin n'est-elle pas la même coupe qui fut cuite dans le four du potier ?
Et le luth qui caresse votre âme, n'est-il pas le même bois qui fut évidé au couteau ?

Lorsque vous êtes joyeux, regardez profondément en votre cœur et vous trouverez que ce qui vous apporte de la joie n'est autre que ce qui vous a donné de la tristesse.

Lorsque vous êtes tristes, regardez à nouveau en votre cœur, et vous verrez qu'en vérité vous pleurez pour ce qui fut votre délice.

Il en est parmi vous qui disent: " La joie est plus grande que la tristesse " et d'autres disent: " Non, la tristesse est plus grande."
Mais , moi, je vous dis qu'elles sont inséparables.
Ensemble elles viennent, et quand l'une vient s'asseoir seule avec vous à votre table, rappelez-vous que l'autre dort sur votre lit.

En vérité, vous êtes suspendus comme une balance entre votre tristesse et votre joie.
Ce n'est que lorsque vos plateaux sont vides que vous êtes immobiles et en équilibre.

Lorsque le gardien du trésor vous soulèvera pour peser son or et son argent, il faudra que votre joie et votre tristesse s'élève ou s'abaisse.



extrait du livre de Khalil Gibran : " Le prophète "
 

Dans le grand balancier de l’existence, la joie et la tristesse ne sont pas des contraires, mais les reflets d’une même vérité intérieure. Ce que l’âme exulte dans l’instant lumineux, elle l’a d’abord forgé dans les creusets de la peine.

La tristesse creuse l’être, tel un sillon profond, et lorsque vient la joie, c’est dans ce sillon qu’elle s’engouffre, s’élève et rayonne. Ainsi, « le même puits d'où fuse votre rire fut souvent rempli de vos larmes. » Tout ce que nous avons perdu, souffert ou espéré, devient la matière première de nos émerveillements futurs.

Ne craignez pas la tristesse, elle est le burin du sculpteur, taillant la pierre brute de votre âme pour en faire un sanctuaire où la lumière pourra entrer. Ne vous attachez pas non plus à la joie éphémère, car elle ne fait que danser sur les vagues du temps. Accueillez chaque émotion comme une vague de l’océan divin, sachant que derrière le creux de l’une vient toujours le sommet de l’autre.

Celui qui sait pleurer pleinement saura aussi rire de tout son cœur. Celui qui refuse une part du spectre des émotions se prive de la plénitude de son être.

Ainsi, « bienheureux ceux qui pleurent, car ils seront consolés », non par un apaisement extérieur, mais parce que leurs larmes auront creusé en eux l’espace où pourra éclore une joie plus vaste, plus vraie.

Alors, lorsque vous riez, souvenez-vous du puits de vos larmes. Et lorsque vous pleurez, souvenez-vous que l’eau la plus claire jaillit souvent des sources les plus profondes.

Parlez-nous de Maisons


Bâtissez de vos rêves une retraite dans le désert 
avant de bâtir une maison dans l'enceinte de la ville.

Car de même que vous avez des retours au foyer en votre crépuscule, ainsi le voyageur en vous, celui qui est toujours loin et seul.
Votre maison est votre plus grand corps.
Elle grandit dans le soleil et dort dans le silence de la nuit; et elle n'est pas sans rêves. 
Votre maison ne rêve-t-elle pas ? 
et en rêve, ne quitte-t-elle pas la ville pour le bosquet ou la colline ?

Ô si je pouvais cueillir vos maisons dans ma main et comme un semeur les éparpiller dans les forêts et les prés.
Fasse que les vallées soient vos rues et les verts sentiers vos ruelles, que vous puissiez vous chercher l'un l'autre à travers les vignes et ramener les senteurs de la terre dans vos vêtements.

Mais il n'est pas encore le temps de ces choses.

Dans leur peur, vos aïeux vous ont rassemblés trop près l'un de l'autre. Et cette peur durera encore un peu de temps. Encore un peu de temps les murs de vos cités sépareront vos foyers de vos champs.

Et dites-moi, peuple d'Orphalese, qu'avez-vous dans ces maisons ? 
Et que gardez-vous derrière ces portes fermées ?
Avez-vous la paix, la tranquille impulsion qui révèle votre puissance ?
Avez-vous des souvenirs, ces voûtes brillantes qui surplombent les sommets de l'esprit ?
Avez-vous la beauté, qui détourne le coeur des objets faits de bois et de pierre pour l'orienter vers la montagne sainte ?

Dites-moi, avez-vous cela dans vos maisons ?

Ou n'avez-vous que le bien-être, et la convoitise du bien-être, ce désir furtif qui entre en invité dans la maison, puis y devient un hôte, et puis un maître ?

Oui, et il devient dompteur, et avec fourche et fouet il fait des pantins de vos plus généreux désirs.

Bien que ses mains soient de soie, son cœur est de fer.
Il vous berce jusqu'au sommeil uniquement pour hanter votre chevet et se gausser de la dignité de la chair.
Il se moque de vos sens qui sont bons et les couche dans de l'ouate comme des vases fragiles.
En vérité, la convoitise du bien-être tue la passion de l'âme, et suit en ricanant ses funérailles.

Mais vous, enfants de l'espace, vous les inquiets dans le repos, vous ne serez ni capturés ni apprivoisés.
Votre maison ne sera pas une ancre mais un mât.

Elle ne sera pas un voile étincelant qui couvre une plaie, mais une paupière qui protège l'œil.

Vous ne replierez pas vos ailes afin de pouvoir franchir les portes, ni ne courberez vos têtes pour qu'elles ne heurtent pas les plafonds, ni ne craindrez de respirer de peur que les murs ne se fendent et s'écroulent.

Vous n 'habiterez pas des tombes construites par les morts pour les vivants.

Même faite avec magnificence et splendeur, votre maison ne saurait contenir votre secret ni abriter votre désir.

Car ce qui est infini en vous habite le château du ciel, dont la porte est la brume du matin, et dont les fenêtres sont les chants et les silences de la nuit.

extrait du livre de Khalil Gibran: " Le prophète "

Dans le tumulte du monde moderne, beaucoup cherchent à bâtir une maison, un refuge, un espace de stabilité. Mais avant de poser les fondations d'une demeure physique, ne serait-il pas plus sage de bâtir d'abord une retraite dans le désert de l'âme ? Une forteresse intérieure, loin des agitations et des exigences du monde, un sanctuaire où se forge l'Esprit avant de s'ancrer dans la matière.

Le désert, un lieu d'initiation

Le désert, dans la tradition spirituelle, est souvent l'endroit où l'être rencontre le silence, l'immensité, et l'épreuve de lui-même. Moïse, Jésus, Mahomet, et tant d'autres figures initiatiques ont trouvé dans le désert la purification nécessaire avant d'affronter le monde et de guider les autres.

Le désert n'est pas seulement un lieu physique. Il est un état de dépouillement, un espace où tout superflu disparaît. En acceptant de traverser ce vide, l'être trouve en lui des réserves insoupçonnées et fait jaillir l'eau vive de la Source intérieure.

Bâtir l'invisible avant le visible

Il est tentant de construire une maison, d'accumuler des possessions, de chercher sécurité et reconnaissance dans les murs que nous dressons autour de nous. Mais si ces murs ne reposent pas sur des fondations spirituelles solides, ils deviendront des prisons plutôt que des sanctuaires.

La vraie demeure ne se trouve pas dans la pierre, mais dans la clarté de l'âme. Avant de planter le premier pilier d'une maison dans la ville, il convient d'ancrer la demeure intérieure dans la paix, la sagesse et la présence du Divin. C'est en se retirant dans son propre désert que l'on comprend ce qui est essentiel, ce qui doit être laissé derrière, et ce qui doit être préservé.

Construire avec sagesse

Ceux qui ont connu l'exil volontaire de l'âme reviennent différents. Leur regard pénètre au-delà des apparences, leurs gestes deviennent plus assurés, leur parole plus véridique. Ils bâtissent alors des maisons qui ne sont pas seulement des toits, mais des phares, des espaces vibrants de présence, des havres de Lumière.

Lorsque l'on a appris à vivre avec peu, on construit sans superflu. Lorsque l'on a connu l'essentiel, on façonne un espace qui répond à l'âme, et non aux exigences passagères du monde.

Le retour dans l'enceinte de la ville

Un jour vient où l'on revient du désert. On apporte avec soi la force de ce que l'on a traversé. On s'intègre dans la ville, mais on ne se laisse plus absorber par elle. La maison que l'on bâtit alors est une extension de la réalité intérieure que l'on a forgée. Ce n'est plus seulement une maison, mais un temple vivant.

Ainsi, avant de chercher à construire dans la matière, il est sage de construire dans l'Esprit. Avant d'habiter un lieu, il faut apprendre à habiter son être. Bâtissez votre retraite dans le désert avant d'élever une maison dans l'enceinte de la ville, et alors, où que vous soyez, vous serez toujours chez vous.

Parlez-nous du manger et du boire




Puissiez-vous vivre du parfum de la terre, 
et comme une plante vous sustenter de lumière.

Mais puisque vous devez tuer pour manger, et ravir au nouveau-né le lait de sa mère pour étancher votre soif, faites-en donc un acte de dévotion,

Et que votre table soit un autel sur lequel les purs et les innocents de la forêt et de la plaine sont sacrifiés pour ce qui est plus pur et plus innocent en l'homme.

Lorsque vous tuez une bête, dites-lui en votre cœur:
" Par la même puissance qui t'immole, moi aussi je suis immolé; et moi aussi je serai dévoré.
Car la loi qui t'a livrée entre mes mains me livrera entre des mains plus puissantes.
Ton sang et mon sang ne sont que la sève qui nourrit l'arbre du ciel."


Et lorsque vous mordez une pomme à pleines dents, dites-lui en votre cœur:
" Tes semences vivront dans mon corps,
Et les bourgeons de tes lendemains fleuriront dans mon cœur,
Et ton parfum sera mon haleine,
Et ensemble nous nous réjouirons en toutes saisons."


Et à l'automne, lorsque vous cueillez le raisin de vos vignes pour le pressoir, dites en votre cœur:
" Moi aussi je suis une vigne et mon fruit sera cueilli pour le pressoir,
Et comme du vin nouveau je serai placé dans des vases éternels."


Et en hiver, lorsque vous tirez le vin, qu'il y ait en votre cœur un chant pour chaque coupe;
Et qu'il y ait dans le chant une pensée pour les jours d'automne, et pour la vigne, et pour le pressoir.

extrait du livre de Khalil Gibran: " Le prophète "


Une alimentation sacrée, un acte de conscience

Dans notre monde matériel, la nourriture est une nécessité. Toute forme de vie se nourrit d'une autre, et l'acte de manger implique inévitablement une transformation, une transmutation d'être à être. Pourtant, cet acte peut être bien plus qu'un simple besoin biologique : il peut devenir un rite, un acte de gratitude et d'éveil.

Consommer avec respect et gratitude

Plutôt que de voir la nourriture comme un simple carburant, nous pouvons nous rappeler la vie qui a été offerte pour nous nourrir. Qu'il s'agisse d'un légume, d'un fruit ou d'un animal, il y a eu un mouvement de la vie vers nous, un passage d'énergie.

La reconnaissance de ce cycle transforme l'acte de manger en un acte sacré. Dans de nombreuses traditions spirituelles, les repas commencent par une prière, une bénédiction ou un remerciement. En théosophie, en agni yoga, et dans les traditions initiatiques, il est enseigné que la nourriture porte une vibration, et que la manière dont elle est préparée, servie et consommée influe sur notre être.

Faire de la table un autel

Si la table devient un autel, alors chaque repas est une offrande. On peut imaginer une table dressée avec soin, avec des aliments préparés avec amour, un espace où le corps et l'âme se nourrissent ensemble. Il ne s'agit pas seulement de manger, mais de partager, de communier avec les êtres visibles et invisibles.

Ce rituel peut se manifester de manière simple : en allumant une bougie, en rendant grâce à la Terre qui a donné ses fruits, en adressant une pensée aux êtres qui ont participé à cette chaîne de vie.

Vers une alimentation consciente

L'humanité a souvent oublié ce lien sacré avec la nourriture, en s'abandonnant à une consommation rapide et industrielle. Pourtant, renouer avec cette conscience transforme non seulement notre relation à l'alimentation, mais aussi à la vie elle-même.

La question n'est pas de renoncer, mais de sanctifier. Ce qui est pris à la Terre doit être honoré. Ainsi, le repas devient un moment de présence, d'éveil, où l'on se souvient que chaque bouchée est une bénédiction.

Puissiez-vous manger dans la gratitude, et faire de chaque repas un acte d'amour et de conscience.

Parlez-nous des enfants

Vos enfants ne sont pas vos enfants.
Ils sont les fils et les filles de l'appel de la Vie elle-même.
Ils viennent à travers vous mais non de vous.
Et bien qu'ils soient avec vous, ils ne vous appartiennent pas.

Vous pouvez leur donner votre amour mais non point vos pensées,
Car ils ont leurs propres pensées.
Vous pouvez accueillir leurs corps mais pas leurs âmes,
Car leurs âmes habitent la maison de demain, que vous ne pouvez visiter, pas même dans vos rêves.
Vous pouvez vous efforcer d'être comme eux, mais ne tentez pas de les faire comme vous.
Car la vie ne va pas en arrière, ni ne s'attarde avec hier.
Vous êtes les arcs par qui vos enfants, comme des flèches vivantes, sont projetés;
L' Archer voit le but sur le chemin de l'infini; et Il vous tend de Sa Puissance pour que Ses flèches puissent voler vite et loin.
Que votre tension par la main de l' Archer soit pour la joie;
Car de même qu' Il aime la flèche qui vole, il aime l'arc qui est stable.

extrait du livre de Khalil Gibran: " le prophète "

*** *** ***

Khalil Gibran, dans Le Prophète, nous livre une vérité profonde et parfois déconcertante :

"Vos enfants ne sont pas vos enfants.
Ils sont les fils et les filles de l’appel de la Vie à elle-même.
Ils viennent à travers vous mais non de vous,
Et bien qu’ils soient avec vous, ils ne vous appartiennent pas."

Ces mots résonnent particulièrement pour les parents qui, après avoir donné amour, éducation et guidance, voient leurs enfants emprunter un chemin bien différent de celui qu’ils avaient imaginé pour eux. Il est naturel de vouloir protéger, orienter, voire espérer que nos enfants adoptent nos valeurs et nos croyances. Pourtant, la Vie nous enseigne le détachement et la confiance en leur propre destinée.

Une mission de transmission, non de possession

Les enfants nous sont confiés, mais ils ne nous appartiennent pas. Ils sont des âmes uniques, incarnées pour suivre leur propre voie. En tant que parents, notre rôle est de les accompagner, de leur offrir un cadre stable et aimant, mais non de les modeler à notre image. Chaque âme porte en elle un dessein qui dépasse notre compréhension immédiate.

Dans une vision plus spirituelle, il est possible que nos enfants aient choisi avant leur naissance les défis qu’ils allaient rencontrer et les expériences qu’ils allaient vivre. Notre attachement aux résultats – voir nos enfants réussir selon nos critères, adopter nos croyances ou nos valeurs – est souvent une projection de notre propre ego.

Lâcher prise : un acte d’amour

Accepter que nos enfants soient les architectes de leur propre vie demande une grande force intérieure. Cela signifie parfois assister, impuissant, à leurs erreurs, leurs égarements, leurs choix que nous ne comprenons pas. Mais leur véritable croissance passe par l’expérience, tout comme nous avons dû faire nos propres apprentissages, souvent à travers l’épreuve.

Le détachement n’est pas de l’indifférence. C’est au contraire une forme d’amour plus vaste, plus universel, qui respecte la liberté de l’autre. Il s’agit d’aimer sans attentes, d’être présent sans imposer, de guider sans contraindre.

Une leçon pour soi-même

En fin de compte, nos enfants ne sont pas les seuls à apprendre de leur chemin de vie : ils nous enseignent aussi. Ils nous apprennent à lâcher prise, à aimer sans attachement, à reconnaître que chacun suit sa propre évolution. C’est une école de sagesse, où la patience et la confiance deviennent nos meilleures alliées.

Alors, plutôt que de s’accrocher à ce que nous voudrions pour eux, peut-être devrions-nous simplement leur offrir une bénédiction intérieure : celle de les voir pleinement eux-mêmes, libres et en harmonie avec leur propre destinée.

Et si, au détour du chemin, ils reviennent vers nous avec une compréhension plus profonde, alors ce sera une grâce de plus sur notre propre parcours.

lundi

Parlez-nous du mariage


Vous êtes nés ensemble et ensemble vous resterez pour toujours.
Vous resterez ensemble quand les blanches ailes de la mort disperseront vos jours.
Oui, vous serez ensemble jusque dans la silencieuse mémoire de Dieu.
mais qu'il y ait des espaces dans votre communion,
Et que les vents du ciel dansent entre vous.

Aimez-vous l'un l'autre, mais ne faites pas de l'amour une entrave:
Qu'il soit plutôt une mer mouvante entre les rivages de vos âmes.
Emplissez chacun la coupe de l'autre mais ne buvez p
as à une seule coupe.
Partagez votre pain mais ne mangez pas de la même miche.
Chantez et dansez ensemble et soyez joyeux, mais demeurez chacun seul,
De même que les cordes d'un luth sont seules cependant qu'elles vibrent de la même harmonie.

Donnez vos coeurs, mais non pas à la garde l'un de l'autre.
Car seule la main de la Vie peut contenir vos coeurs.
Et tenez-vous ensemble, mais pas trop proches non plus:
Car les piliers du temple s'érigent à distance,
Et le chêne et le cyprès ne croissent pas dans l'ombre l'un de l'autre.


extrait du livre de Khalil Gibran " Le Prophète"

Parlez-nous de l' Amour


Quand l' amour vous fait signe, suivez-le,
Bien que ses voies soient dures et escarpées.
Et lorsque ses ailes vous enveloppent, cédez-lui,
Bien que l'épée cachée dans son pennage puisse vous blesser.
Et lorsqu'il vous parle, croyez en lui,
Malgré que sa voix puisse briser vos rêves comme le vent du Nord saccage vos jardins.

Car de même que l'amour vous couronne, il doit vous crucifier. De même qu'il est pour votre croissance il est aussi pour votre élagage.

De même qu'il s'élève à votre hauteur et caresse vos branches les plus légères qui tremblent dans le soleil,
Ainsi pénétrera-t-il jusques à vos racines et secouera dans leur attachement à la terre.

Comme des gerbes de blé il vous emporte.
Il vous bat pour vous mettre à nu.
Il vous tamise pour vous libérer de votre balle.
Il vous broie jusqu'à la blancheur.
Il vous pétrit jusqu'à ce que vous soyez souples;
Et alors il vous livre à son feu, pour que vous puissiez devenir le pain sacré du festin de Dieu.

Toutes ces choses, l'amour vous les fera pour que vous puissiez connaître les secrets de votre coeur et devenir, en cette connaissance, un fragment du coeur de la Vie.

Mais si dans votre peur, vous ne recherchez que la paix de l'amour et le plaisir de l'amour,
Alors il vaut mieux couvrir votre nudité et sortir de l'aire de l'amour,
Pour vous rendre dans le monde sans saisons où vous rirez, mais non pas tous vos rires, et pleurerez, mais non pas toutes vos larmes.

L'amour ne donne que de lui-même et ne prend que de lui-même.
l'amour ne possède pas, et ne veut pas être possédé;
Car l'amour suffit à l'amour.

Quand vous aimez, vous ne devez pas dire "Dieu est dans mon coeur", mais plutôt, "je suis dans le coeur de Dieu".
Et ne pensez pas que vous pouvez guider le cours de l'amour, car l'amour, s'il vous trouve dignes, dirigera votre cours.

L'amour n'a point d'autre désir que de s'accomplir.
Mais si vous aimez et devez avoir des désirs, qu'ils soient ceux-ci:
Se fondre et être un ruisseau coulant qui chante sa mélodie à la nuit.

Connaître la douleur de trop de tendresse.
Être blessé par sa propre intelligence de l'amour;
Et saigner volontiers et joyeusement.
Se réveiller à l'aurore avec un coeur ailé et rendre grâce pour une autre journée d'amour;
Se reposer à l'heure de midi et méditer sur l'extase de l'amour:
Rentrer en sa demeure au crépuscule avec gratitude,
Et alors dormir avec en son coeur une prière pour le bien-aimé, et sur les lèvres un chant de louange.

extrait du livre de Khalil Gibran " Le Prophète"